
En France, entre 1992 et 2004, 800 000 Ha de surfaces de production primaire ont été artificialisées dont la moitié par l’habitat individuel. 80% de ces surfaces étaient des terres agricoles (Source : Agreste Terruti).
En Languedoc Roussillon, cette tendance est accentuée depuis les années 60 avec l’arrivée massive de nouveaux résidents permanents et le développement touristique du littoral.
Les villes et villages ont coutume de considérer les zones agricoles comme des réserves foncières pour les maisons individuelles, zones industrielles, commerciales et artisanales. De fait, une commune qui souhaite s’étendre n’a guère d’autre choix que de le faire au détriment de l’agriculture qui, traditionnellement, se faisait autour des centres bourgs. Pour des raisons évidentes de proximité mais pas seulement : ces terres sont en effet les plus riches sur le plan agronomique car les villes se sont très souvent implantées en bord de cours d’eau qui ont largement contribué, par les crues notamment, à enrichir les sols. Travaillées et amendées depuis des temps anciens, ces terres ont ensuite gagné en fertilité.
C’est donc les terres au meilleur potentiel agronomique qui disparaissent en masse chaque année.
Les Chambres d’Agriculture ont donc le devoir de veiller à ce que le principe, énoncé dans l’Article L.121-1 du Code de l’Urbanisme, d’une utilisation économe et équilibrée des espaces agricoles soit respecté.
Par ailleurs, l’engouement pour la campagne, vue depuis la ville comme un havre de paix, de calme et de tranquillité, a entraîné de profonds changements de mœurs dans des secteurs traditionnellement occupés par des agriculteurs. Aujourd’hui, les activités agricoles sont de plus en plus considérées comme génératrices de nuisances, bruits des machines, chant du coq, odeurs de lisier, pesticides…la cohabitation est parfois difficile. La présence des Chambres d’Agriculture au sein de ces procédures est donc primordiale afin de faire entendre les droits des exploitants agricoles. Elles doivent rester vigilantes à ce que les agriculteurs puissent, dans la mesure où leur activité le justifie, construire en zone agricole : hangar agricole pour stocker le matériel, bâtiment d’élevage pour les animaux, serre, maison d’habitation si sa nécessité est établie…